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▷ C’est dans l’eau qu’on apprend à nager !

« De toute manière, nous n’avons pas le choix. Il faut y aller !  » Et on y va.
En réalité, ce qui est important est de savoir on va et pourquoi. Avec le plus de clarté possible.
Définir comment on y va… est indispensable pour la mise en route. Ensuite, il y aura des imprévus [allant jusqu’à la spéculation de quelques individus sur la dévaluation de la livre sterling dans les années 60 ou sur des subprimes dans les années 2000, un attentat ou une cyberattaque ces dernières années, une pandémie sanitaire… ]. Les cadres militaires sont formés pour le savoir : il y a des décisions stratégiques et les décisions tactiques.

Patron. Chef d’entreprise.

Il n’y a pas si longtemps, c’était devenu… des « gros mots » [en France]. Mais ne jugeons pas ici le passé, et construisons l’avenir. Les mois écoulés depuis mars 2020 ont accéléré bien des processus, dont celui de la « réhabilitation » progressive depuis quelques années de l’Entreprise en France — et, avec elle, celle de la fonction de Dirigeant.e d’Entreprise.

Et c’est tant mieux ! Parce que les patrons [en tout cas ceux des TPE-PME-ETI qui — à l’attention de ceux qui ne l’auraient pas encore entendu — constituent l’essentiel de l’activité industrielle en France], les chefs d’entreprises écoutent, réfléchissent, poussent, tirent, tiennent, soutiennent, paient, guident, orientent, décident, accompagnent, forment, agissent, dirigent… [et etc. !]

Or, pour faire tout cela et bien plus encore, il faut parfois [souvent me diront certain.e.s] se lancer même quand on n’a pas pu tout prévoir et border d’avance. Alors parfois [souvent] le patron découvre beaucoup de choses en cours de route. Il arrive même que plus il avance, moins il sait où il va. Or nous ne sommes pas tous/toutes né.e.s pour devenir des aventuriers/aventurières.

Histoire vécue. Je suis devenu dirigeant par hasard… ou plus exactement : par chance ! En fait, le patron a démissionné « sur un coup de tête ». En tout cas… c’est ce que certains ont cru. Il a vraiment démissionné alors que personne ne s’y attendait. Notre petite entreprise allait donc devoir…

Devoir [pouvoir] vivre… autre chose !

Le patron s’en va. Un autre [cette fois, c’était moi] le remplace. Changement brusque. Brutal même, pour certain.e.s ! Pour ma part, assez rapidement après ma prise de fonction, une fois le trac passé, plus j’avançais, moins je savais où j’allais. C’était du moins un premier ressenti.

J’avais cependant plusieurs certitudes qui se confortaient rapidement.

Savoir vers quoi on va, et pourquoi on y va. Même quand on ne sait pas encore très bien comment.

Il fallait sortir l’entreprise d’une très mauvaise passe. Il fallait rassurer les clients et partenaires… rassurer les salariés [les « talents » — je veux dire : ceux qui n’avaient pas encore fuit l’entreprise]… rassurer l’actionnaire familial, rassurer les banquiers… et bien entendu commencer par me rassurer moi-même : je n’étais pas du tout préparé à ce métier, et encore moins à y accéder de la sorte. De plus, en à peine quatre années, les relations humaines, la situation financière, la gestion et l’organisation du travail… tout était devenu catastrophique dans l’entreprise.

Mais, après tout [c’est bien dans l’eau qu’on apprend à nager, et à perfectionner sa ou ses techniques de natation — certain.e.s vont jusqu’à l’exploit] j’avais déjà changé radicalement de métier 4 ou 5 fois… Et puis [même si j’étais plutôt bon élève], c’est sur le terrain plus que dans les livres et à l’école que j’ai appris et réussi le plus de choses… comme tout le monde.

Bref ! Le message que je souhaite faire passer [et surtout rappeler] ici, c’est qu’il faut parfois tout simplement… oser.
En particulier, oser faire confiance et réussir à s’entourer et avoir la confiance du plus grand nombre et surtout des meilleurs de l’équipe.
Et bien sûr : oser se faire confiance. On a tous dit au moins une fois quelque chose comme : « De toute manière je n’ai pas le choix. Il faut y aller ! » C’est tout simplement ce qui nous vient à l’esprit lorsqu’on sait [inconsciemment] qu’on est prêt.e malgré les incertitudes. ▷▷

« Plus j’avançais, moins je savais où j’allais !  » Mais en fait, l’aiguille de notre « boussole intérieure » se recalle toujours sur le nord. C’est vrai à titre individuel, mais aussi en groupe, en équipe. Lorsqu’on est plusieurs à réfléchir sur un même sujet, on produit d’avantage d’idées, on trouve [ ou retrouve ] plus vite ce qu’on cherche. Et on trouve plus vite et mieux